Mon PC est mort il y a quelques jours. Alors je joue du djembé, un peu, je lis des nouvelles du monde au cyber, ou alors je fume à la grande terrasse après une heure de sport. Je me réhabitue à la ville, comme si j'étais arrivé il y a peu. Je devrais partir vers le sud, immatriculer mon entreprise, payer mes impôts, boire de l'alcool traditionnel avec mon associé. Je devrais.
mercredi, avril 9
jeudi, mars 1
Fond de carton.
le pet aimé le doux loufion
le caca-nez de la si belle
chanter les jours do la si do
la laisse à Lassie si fidèle
le troufiat
le glaviot
l'amour!
la myrrhe! des déodorants "Ploum-Ploum"
mais non je mens, ça c'était moi
parfum rhum salami loukoum
(Carnet de croquis, réédité dans la poubelle recyclable)
Tu sais, de mon temps c'était quand même autre chose.
La chambre se vide dans des sacs poubelle. Voilà ce que c'est que de s'être éparpillé : on ne retrouve les indices qu'on avait semés que lorsqu'on doit en faire un feu. Pendant le blocus de Tananarive en 2002, j'allumais le réchaud à charbon avec ces milliers de lettres que j'avais écrites à Iary, et qui étaient toujours le même texte changeant de deux ou trois mots à chaque version. Ça faisait rire ma voisine Boom (2ans, 2 ans et demi?) et sa nourrice, alors je riais avec elles parce que j'étais déjà bourré le matin.
Derrière les vestes pendues, mon carton à dessins n'abrite que des grands raisins vierges. Poubelle, catégorie recyclable. Mes dessins les moins moches resteront au fond d'un classeur dans mon dossier d'inscription à la Villette. L'étudiante au sécrétariat faisait "Waaaah! Waaaah!", tiens, ça me consolera de ne plus vouloir y mettre le temps et l'effort. Je suis trop vieux, je préfère boire et raconter mes vieux lauriers. Au fond d'un carton, je retrouve mon dossier scolaire, celui des années collège (une série sur France 2, je crois?). Quand les profs changent d'une année sur l'autre, ma moyenne en dessin monte de 8 à 16/20, et ma moyenne d'histoire-géo suit le chemin inverse. Pour ne plus me faire inculper de bavardages, je dessinais Joëlle vue de dos, et puis Maus, et puis Corinne, et puis la prof. Dix secondes avant la sonnerie quelqu'un lisant sa montre à quartz lançait un compte à rebours, et à l'instant précis où la sonnerie retentissait j'étais déjà en train de passer la porte, mon sac pourri sur le dos. Je dessinais aussi des voitures de course, et des super-héros musclés. Un peu plus tard, des filles nues, les cuisses ouvertes. Peut-être des scènes de la guerre de 14.
Véronique Beucler portait des robes courtes et près du corps, avec une bande transparente courant sous son bras jusqu'à ses cuisses. On pouvait dire que cette prof était bonne. Je la retrouve 15 ans plus tard, en quatrième de couverture d'un format poche qui se dit drôle au rayon nouveautés de Carrefour. Sa bouche qui était pulpeuse est défaite. Le temps passe, et celles qui nous ont appris à écrire pondent des bouses si je préjuge bien. Sur un bulletin de premier de la classe en dictée Mme Couderc joue les Cassandre : "Comportement inadmissible! Si ça continue je vais devoir sévir!" Sévices pacem, para bellum. Et ouais.
Egaré dans un bloc-notes vide je lis : "Des pays où les garçons ont le droit de s'appeler Jésus. Des pays où les filles se retournent quand on appelle "Soledad!". Ceux que les esprits n'ont pas encore désertés. Là où la mort fait un peu moins peur à force d'être dansée". Nous irons là-bas aussi. Je ne promets rien. Il faut que je finisse mes valises.
mardi, février 27
Litanie des sabordages - Un blog sans archives.
J'avais ouvert un blog sans archives. J'ai tenu quelques mois, sans rien sauvegarder, pas même pas dans des fichiers texte, et maintenant j'ai oublié. Il m'en reste quelques regrets obligés mais le temps passe et nous échappe de toutes façons, là, en ne me souvenant de rien je me rappelais seulement que rien n'importait. Un soir je l'ai fermé, ou bien j'ai biaisé, décidant de n'y écrire que du n'importe quoi, des rimes abstraites sans queue ni tête. Et puis j'ai recommencé à raconter ma vie, ailleurs, à consigner, thésauriser, et tirer des bilans. A rechercher une chute en guise de conclusion. Je ris.
Yvelines - Magali.
Il flotte l'odeur d'une fin de règne. Oui, j'ai le droit de le dire comme ça, même si les Yvelines étaient pour moi un bantoustan. Et encore, je ne régnais que dans ma cabine, sur ma file, mais c'était une monarchie absolue, celle qu'on appelle la solitude. J'ai quelquefois emporté l'appareil-photo. Pour rien. Je me suis résolu à me donner une nouvelle chance, qui sera la dernière puisque demain est mon dernier jour de tournée. Je sais qu'en une journée je ne pourrai pas tout revoir, que je ne pourrai pas tout revivre pour essayer d'en tirer une conclusion. De la même façon que je ne pourrais pas, juste ce soir, tout raconter, de la lumière à la pluie sur la route, de saisons en saisons, les champs les jardins et les maisons, les usines et la forêt. J'espère ne plus jamais être livreur et tant pis si on ne sait jamais, mais s'il me manque autant de pièces du puzzle, c'est sans doute qu'il n'y avait pas grand-chose à en retenir. Dites-moi que c'est pour ça. Dites.
Je voulais garder une trace de tous ces visages. Certains sont partis avant moi, personnel mobile, interchangeable. Je me souviens d'une Magali. Je ne lui disais jamais plus de trois phrases : bonjour, bonsoir. Elle est debout devant moi qui m'occupe de ses colis, et je sais qu'elle part le lendemain pour Nice. Je le sais sans jamais avoir échangé plus de trois phrases avec qui que ce soit, mais simplement parce que moi et le temps nous passons immanquablement chaque soir, et comme le temps quand il ne fait que passer je réponds "Non merci" quand on me propose un café, voire une bière les soirs de départ ou de signature de contrat. Je ne fais que passer comme une ombre et sans rien dire, comme tous ces jours qui passent et qui ne veulent rien dire. Je ne sais pas si Magali était la plus jolie jeune femme de toutes les Yvelines, parce que je ne livrais que la moitié nord des Yvelines, alors je ne peux rien affirmer. Je ne suis même pas sûr qu'elle s'appelle Magali, c'est un collègue qui m'a dit ça après m'avoir remplacé pendant une demi-journée. Je l'ai regardé, goguenard, en me demandant s'il croyait avoir découvert ainsi le sens de la vie. Je ris.
Trois autres CDD se sont succédés après elle. Ils sont jeunes, plus jeunes que moi, et plus diplômés aussi, bien sûr. Ils s'occupent d'environnement, une façon de dire qu'ils travaillent pour des pollueurs. Les garçons sont dans les labos entre deux chantiers, leurs boots de sécurité maculées de braves cicatrices de boue, veste kaki et barbe sale. Et la tête dans le cul. Ils remplissent des glacières avec des tubes d'air ou de sol souillés, et moi je ramasse tout ce qu'il posent par terre dans le périmètre de ma gamelle. Les filles sont dans les bureaux, à taper des trucs qu'elles glissent dans des enveloppes. Leurs rapports sont scientifiques et elles répondent aux appels d'offre, et comme le vent je cueille leurs pétales posés sur la petite table basse (poète!), transparent mais au service, ne souriant qu'à peine comme un valet de bonne tenue. "Tout va bien? Surtout, n'hésitez pas". Quand l'une de ces femmes m'a demandé mon numéro de téléphone, je lui ai souri comme je souris toujours, croyant l'esquisser à peine quand il m'arrive jusqu'aux oreilles. Mais sans rien dire, vous savez bien, c'est un malentendu. Aux innocents les mains pleines, qu'ils tendent aux vendus. Cette dernière phrase n'a aucun lien, mais j'aimais bien la rime.
dimanche, février 25
I feel like passing like a shadow through the door and starting the car, drunk, even though I've got nowhere to go, or is it because I've got nowhere to go? but if you listen closely you'll notice that rhymes as usual are embedded in this smooth talk for you 'ho, but damn us as we kill the rhyme, my ear is bleeping and you suck. I've read people so self-filled with theories that I had to make up theories on my own just trying to understand their disconnected shit. Looks like spoiled bitches need to disconnect themselves from feelings and danger in order to think they're tough. I'll tell them they're like Philippe Val or Maurice G. Dantec and they'll feel entitled 'cause these are supposed to be famous people. J'aime beaucoup ce que vous faites. Il me prend comme l'envie de rire, hohoho, pardon, ça m'a échappé.
Deleted.
Je remets ça parce que je suis bourré encore.
mardi, janvier 16
QALC 2 - 5 trucs sur moi. 5 trucs puissance rhum.
Merci El Ryu: le nombre de visiteurs vient d'être multiplié par 6 ou 7, et tout ça pour lire deux questionnaires à la suite. La rechute des stats annoncée pour demain n'augure rien de bon pour mon égo. Je dis bravo. Autocritique en 5 points, camarades. Presse people, faut que ça vende. Ça va être long car intestinal, mais je m'en fous comme dit le ténia : je me casse fin février pour faire des oeufs.
1. Je suis arrivé en France en 2002 avec une équivalence pour entrer en 2ème année d'architecture à Paris-La Villette. C'était ma troisième tentative d'inscription depuis l'obtention de mon bac S (passable) au lycée français de Tananarive en 1995, mais cette fois j'avais préparé un dossier béton pour cuver un chagrin d'amour (une fille partie en France). J'ai passé l'année académique 2002-2003 à boire les économies de ma mère dans l'appartement de mon grand frère français, et j'ai commencé à bloguer mes nuits blanches au lieu de continuer à lui (à "Iary", cette fille aux aspirations Ikéo-bourgeoises) écrire des lettres que je ne lui envoyais plus, rien que de très banal, mais il faut bien que jeunesse se passe. Je suis devenu sans-papiers à la fin de l'année académique 2003-2004 lors de laquelle, à part les 3 premières semaines de cours, j'ai bu le reliquat des économies de ma mère. J'ai arrêté d'aller en cours le jour où, pendant que mon frère était en vacances à Madagascar, son imprimante s'est trouvée à cours d'encre alors que ma carte bleue était crâmée et que j'avais pour le lendemain un exposé à présenter au prof de projet architectural le plus exigeant du premier cycle, Philippe Gaudin, dont j'avais choisi le cours exprès : pour le challenge. J'avais choisi le sujet d'exposé le plus épineux, bien évidemment, mais pour une seule fois depuis longtemps fois j'avais travaillé assez, et tout était prêt à imprimer. J'étais sur les Champs-Elysées en face de Virgin avec Kris que j'hébergeais, c'était un dimanche soir le seul magasin ouvert où il y avait des toners, et on sortait de la troisième banque où le robot m'ânonnait "Fonds insuffisants". Si j'hébergeais Kris, c'est évidemment qu'elle n'avait d'autre pécule que des dettes sans vouloir entrer dans les détails. Nous ne nous sommes rien dit sur le chemin du retour vers l'appartement de banlieue. A Châtelet elle s'est fait serrer par les 'leurs. Elle a donné son vrai nom mais avec une faute d'orthographe, et une adresse farfelue (elle en avait toujours en stock). Ils m'ont laissé tranquille, ça je sais faire.
Il y avait dans ma classe une Chinoise prénommée Lin, arrivée directement des beaux-arts de Pékin jusqu'à Limoges il me semble, sans parler un mot de Français, avec juste un bout de papier où figurait le nom d'un prof d'archi local, et maintenant Lin était là mieux qu'Aznavour dans son complet bleu, franchement j'avais du respect pour elle, qui parfois me demandait la signification d'un adjectif ou d'un verbe, et puis me filait des "Chung-Hwa", ça voulait dire "Empire du Milieu" et c'était des clopes. Cette fille était dans ma classe et on s'était retrouvé dans la même petite bande d'immigrés qui s'en foutent un peu des histoires de dub et de pollen des autochtones qui ne savent rien de la taille du monde et du nombre de kilomètres et de nuits blanches qu'il faut pour arriver jusqu'ici, tout en se croyant vaguement alter-mondialistes, ce qui pour eux s'arrête à la programmation du Batofar. Elle, elle se débrouillait comme un chef, elle savait au moins où était la photocopieuse, c'est un truc de ouf pour moi, elle a du demander, elle a même pas eu honte. Par rapport à elle dans ma tête j'ai par la suite tenté de mettre ma faiblesse sur le compte de mon éducation, mais je n'ai pas vraiment pu : j'aime vraiment laisser tomber, et je suis nul dans le reste. Mais "laisser tomber" ça sonne un peu comme "renoncement", et "renoncement" c'est une notion noble, non, qu'en disent les pro-décroissance et les bouddhistes du "tout est douleur"? Et c'est la "litanie des sabordages", s'il faut de l'explication de texte "instinctivement poétique". Du point de vue de la justification pseudo-intello a posteriori, je crois que je suis bien intégré en France, je pourrais me la péter à la Sorbonne si seulement j'avais des cheveux. Passons.
2. Une fille m'a dit une fois, peut-être d'autres aussi mais j'ai pas entendu parce trop bourré, que j'avais (l'imparfait est de mise) le plus beau sourire qu'elle ait jamais vu. Il est bon de préciser qu'elle portait des lunettes. "Izay tiana mitombo tarehy", dit-on. Indrindra rehefa mamo. (Demandez à SipaKV de traduire, si elle a le temps). Et ben, vous savez quoi, je crois que les flics français aussi pensent que je suis beau, du moins quand je travaille. J'ai, j'imagine, quand je me fais contrôler au volant, cet air faux-cul parfait et travaillé par l'expérience qui plaît à l'autorité. Celui de maman est pas mal, mais avec plus de "victime" quand moi j'essaie d'y mettre du charme. Du charme républicain et pas de sauvageon, nom d'un chevènement!(regardez une des prochaines affiches électorales et vous verrez de quelle tronche je parle, Le Pen par exemple, ha ha, il a l'air trop sympa c'est terrifiant).
Au bled corrompu pourtant, je leur hurlais dans la face aux flics, comme je ne fais habituellement qu'aux amis assez proches pour ne pas trop s'en offusquer tant que je paie à boire avec les économies de ma mère. Au pays je prétendais face au trouffion qui n'avait même pas encore demandé son "café" que j'étais étudiant en droit. Attention, suspense. Musique de Morricone sur un ralenti spaghetti pendant qu'il jauge ma crédibilité du haut de son pantalon treillis troué. Rien à foutre. Je sous-entendais que s'il n'était pas content, il aurait droit, puisque "Madagascar est un pays de droit" comme disait Ampy Portos, à la convocation de son supérieur hiérarchique. Alors qu'il ne m'oblige pas à relever son numéro de matricule et tout le monde serait content. Chacun sa place, nous n'avons pas gardé les poules etc, je suis fils de notable même si mon père est mort depuis longtemps. Je suis infréquentable hein? Mais non, je me me vante. Mais tu connais quoi à la vie? Hein? Je suis tout ouïe, j'aime apprendre. Biatch. You don't know shit about clashing.
3. J'étais content de croiser des gens dans la merde, ça me me permettait de me sentir moins seul. J'ai découvert la dèche ici en France, celle où on a faim sans savoir quand on mangera la prochaine fois. J'ai trouvé avec qui la partager, et avec qui ne pas, même s'il me reste sans aucun doute plein de trucs à apprendre, ce qui augure de prochains sabordages assez prometteurs, pardon Jasmine.
4. Jasmine est, entre autres incarnations, la blogueuse Albinoal. Quand je l'ai rencontrée je n'ai pas arrêté pour autant de boire, mais au moins je commençais à travailler, en tant que livreur. Mon premier essai c'était un sous-traitant de La Poste, dépôt de Villeneuve-la-Garenne. Le patron s'appelle Chicheportiche, son chef de quai se prénomme Rachid,la boîte s'appelle Exa-courses et je leur souhaite un contrôle fiscal, et s'ils sont pas contents je les emmerde, bâtards de vos races, vous m'aurez plus avec des sourires et des parts de pizza comme on a eu les roitelets africains avec de la pacotille. Je me suis levé à 5 heures du mat' tous les jours pour aller bosser pour eux en sortant de mon auto-apitoiement alors que mon auto-apitoiement même était plus créatif dans la justification de ma nullité. J'avais encore à l'époque des papiers d'étudiant, j'avais droit à 17h30 de travail par semaine, et j'avais peur d'être illégal. On m'a fait une promesse verbale d'embauche au début de l'été. 140 colis par jour, et changer de ville tous les 3 jours, ils appelaient ça une formation mais maintenant je sais qu'on appelle ça une tournée "balayage", "secours" ou "spéciale" : celle qui livre tous les inlivrés de la veille ou de l'avant-veille. Je n'en livrais que 80, et je leur avais dit avant, par honnêteté envers eux si bons envers moi-ha-ha, que c'était la première fois que je conduisais en France. Maintenant que je connais un peu le taf je peux dire que c'était un putain de bon score pour un début. Quand j'ai demandé une promesse d'embauche écrite pour aller à la préfecture, Chicheportiche m'a rédigé un torchon devant lequel la meuf re-noi à l'accueil a rigolé "méprisemment", pour reprendre la syntaxe des "écrivains de la banlieue", genre Yémi ou Rachid Djaïdani, auxquels le petit-nègre forcé sert de fausse légitimité commerciale. Je sais faire ça aussi, le petit-nègre, pas pour rien que je blogue Kirikou. Je me suis cassé de ce faux boulot sans paie, sans rien. Le matin, les syndiqués SUD-PTT partageaient des tracts pendant que je galérais. Ils bossaient deux fois moins que les sous-traitants. Ils n'en avaient rien à foutre de nos vies : ils voulaient qu'on vienne à LEUR manif. Connard. Emmène ta fille, et je creuserai son cul en creusant mon déficit au Campanile, à défaut de creuser le cul de la sécu parce que pas déclaré.
Kris, que j'avais hébergée, m'a trouvé un autre taf au téléphone en 25 secondes chrono, alors qu'on ne s'était pas vu depuis des mois entre autres choses que je ne raconterai pas (mon frère, si je peux t'appeler comme ça après tout ce temps, toi tu sais et je sais que tu me lis). Quand plus tard je suis devenu sans-papiers, et par corrolaire sans-permis de conduire, mon patron sous-traitant malgache m'a gardé. Il a laissé tomber il y a un mois, il est en redressement judiciaire ou sous tutelle ou je ne sais quoi, mais nous avons gardé la tournée, nous les chauffeurs, avec un nouveau patron que nous avons trouvé nous-mêmes, parce ce qu'est c'est nous qui connaissons nos secteurs. J'arrête fin février parce que Jasmine a trouvé un taf au bled.
5. Il y a une différence, à noter peut-être, entre la finitude de la vie, et la finition de la vie. Putain c'est trop profond.
Je passe le relais à Tita, dont je dirais que ce qu'elle raconte m'émeut si ce n'était lui porter préjudice.
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jeudi, février 22
The Shit-Apple Fuckdom.
Cuando estoy triste, tengo ganas de escribir en espanol, no en frances.
J'invoque la pluie et le vent, tous les phénomènes extérieurs, ceux qui, prétendument incontrôlables, ont bon dos comme "la croissance", et sur lesquels on se dédouane, plaidant innocent enterré sous ses propres barricades dérisoires, tant que la pluie et le vent lavent les salissures, lavent le passé pour remettre à neuf dit-on quand on a juste changé de visage sous le bistouri des sans-scrupules, puisque les sans-scrupules vendent leur secours, et les souvenirs savent à quel prix. Moi je m'en fous : j'ai oublié.
Oblivion knows what I brag about when I pretend I can forget. Rue des archives je traîne encore des rancoeurs qui datent d'avant même ma naissance. Est-ce une façon de dire que j'ai des années d'avance. Le dire avec une patte assez bien ficelée pour que je me la pète, mais sans remise de peine, sans annulation de la dette.
But there I came, I who made everything look simple, that's what you said to yourself, so you got caught, again, like everyone, like I had been caught too, by you or who before. And sometimes I'm Leonard Cohen's stranger just like the cycle predicted, and it's a surprise to some, despite youth being so well-documented.
Silence ain't golden : silence is what's untold, hidden behind the shine of gold. Silence is what kept my grandparents together for the sake of example and stories to be erzählt in awe around those oh so comforting bonfires three generations later, rather than dying all alone. Silence is what I broke when mom and her man stopped making love, because you know youth is better documented about desire than lack of it. One day desire will run dry too. But it's five o'clock and I don't care. The first morning bird outside calls for its daily struggle. I need you and I cope too. I sell to myself that it's a two-ways street. I thought you knew that I knew, but I'm not ruling out that we could have to live harder just to live on. I'm not afraid to lose it all. I'm not even afraid to bypass chances : it has already happened so many times. Oh, and by the way.
I
love
you.
mercredi, février 21
Ex voto.
Juste pour le souvenir, noter qu'il est 6h35 et que je n'ai pas dormi. Au boulot dans une heure et demie.
mardi, février 20
James "Lights Out" Toney.
Ma colonne vertébrale a pris l'avion lundi pou atterrir à 12000 bornes d'ici. Ensuite je traîne tous les jours en guise de futur remplaçant un vétéran de 25 années de taxi parisien, et il a 52 ans d'âge au compteur avec le pourboire en sus à vot'bon coeur. Les bombes sexuelles aux comptoirs d'accueil ne me demandent pas si le déchet est mon père, parce que le tact fait partie de leur travail, et que mon père est mort, ho ho ho, depuis longtemps. Je réponds néanmoins que j'assure sa formation et que c'est tout. Je dis ce que je veux : démocratie, même non péripathéticopative. De toutes façons le vieux est toujours trop essouflé pour soulever la moindre objection, or qui ne dit mot qu'on sent (le pâté).
Le téléphone sonne encore et toujours, de là-bas ou d'ici pour rarement demander autre chose que "Où est l'argent?" J'aimerais pouvoir répondre : "Dans ton cul", mais les culs ne m'adressent que l'écho du vide maintenant que je télécharge du porno. You know solitude? Well I got my hands full with that shit. C'est ce que qu'on appelle le plaisir à portée de main, woop-dee-hoo : happiness, right?
Je rentre le soir m'endormir dans le cendrier plein. Ma musique est partie avec mon ordinateur et avec celle sans qui je n'ai même pas envie de voir quelqu'un faire la vaisselle. C'est vrai : si elle était là je l'aurais regardée ému nettoyer l'évier comme d'un coup de baguette magique. Moi je suis un homme, un guerrier : je ne suis pas fait pour l'évier mais pour les grands combats. (C'est rien, chaton, c'est pour le show, Jean-Marie Bigard staïle). (Tu m'en veux pas, hein). (Oui, je suis complètement bourré, je bois la Mauny au goulot sans coupage). (Fuck ya'll. Rock'n'roll. Learn to live)
Venons-en à James Toney.
Un autre soir de cuite solitaire, j'avais baragouiné un hommage à Bruce Springsteen, adressé aux gueules cassées, aux amants d'Anna Kournikova qui étaient des Russes de la NHL plutôt que des germanopratois, qui étaient donc des crétins des Alpes puissance 5 ou 6 vêtus de chemises à carreaux de camionneurs parlant un patois non germano mais plutôt russo-québécois qui fait bien rire navire.net et tous ces pseudo-intellos parisiens comme Laurent Gerra (navire, marin d'eau douce, gros pédé, oui, j'ai bien dit GROS. Y a que la vérité qui blesse). Reprenons. J'avais donc baragouiné un truc sur les losers. Bien que Springsteen soit "the Boss". Et bien, j'aurais aimé écrire un hommage à James Toney.
James Toney est, jusqu'aveu du contraire, boxeur. Comment dire? Il y a, pour ceux qui ont vu un certain film, Adam Sandler qui n'a d'hockeyeur -on y revient- que la propension à la bagarre mais aucun talent, et qui finit golfeur en foutant le bordel. Je pense au surnommé "Danger" ("déinjeure"! à l'américaine dans le très surestimé "Million Dollar Baby" d'Eastwood)(téléchargez plutôt "Girlfight" avec Michelle Rodriguez -grosse GOUDOUUUUU! et toc- ou "The Champ" avec Jon Voight je crois, ou ce film d'Eastwood façon Burt Reynolds, très loin d'Iwo Jima, où il se bat dans des foires, et où, Allah sait pourquoi parce qu'Allah est grand, Eastwood se balade avec un oran-outang. Et oran-outang en emporte le vent, ouais. Rock'n'rooooll! Putain à boire! Ouééé!)
Bref, le film avec Sandler est titré "Happy Gilmore", il est excellent, et dedans Happy Gilmore fout un dawa réjouissant dans le monde du golf, tout en gagnant à la fin bien entendu. Un peu comme ce film dont j'ai oublié le titre et dans lequel putain rien à foutre, si vous connaissez pas ça faut que je change de sujet. Bref.
James Toney.
Nous avons donc "Happy Gilmore", hockeyeur dans le golf, qui met l'ambiance grave à frapper les concurrents, les spectateurs, et même un crocodile qu'il trouve dans un plan d'eau sur le parcours. Et bien dans la vraie vie, il y a James Toney, qui serait mieux pour la boxe : qui ne serait pas "Happy Gilmore" mais "UNhappy Gilmore". Comme il y a des "working class heroes" alors que James Toney est le seul et uniqque "working class renegade". D'ailleurs la carrière de Toney n'a pas de happy-end.
Ho et puis merde j'en ai ras le cul. Et si ça finit en queue de poisson c'est aussi bien, parce que y a pas que les queues qui puent le poisson, si vous ne me croyez pas vous n'avez qu'à demander à votre chatte. Je parle bien la France et je vous merde. Salud. Je pars le 04 mars. Vous avez mon mail. Ignore me 'cause I'm the fucking renegade. A BOIRE.
